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Simulacre

Ce soir, elle reçoit ; en pays de simulacre !
En territoire de faux, elle est belle d’apparences.
Ils arrivent, à vingt heures, ce soir pour le sacre,
Au diner du samedi, des amis en carence.

D’amour, ils ont parlé, mais pas vraiment d’aimer.
De fraternité, il fallait, avoir l’air engagé.
Comme ces frères, cette famille, au passé si soudé.
Faire semblant, être présent, simuler l’amitié.

Il y avait là, l’étranger, l’autre, l’absent.
Il vibre de tout son être, respire de toutes ses larmes.
Le spectacle terrifiant des assis bien-pensants,
Qui voient le monde de leurs yeux d’aveugles carnes.

Dans leurs habits de médiocrité, les rassurés bombardent,
Un avis sur tout, les autres, les nuages.
Rien ne change, chez eux, pas même leurs certitudes,
Ils se jurent d’avoir toujours raison quelque-soit leur âge.

L’étranger voyageur quitte, l’esprit vagabond,
L’espace d’un instant, la bien triste réunion.
Rien ne change, plus rien ne bouge,
On s’enivre ensemble à grands canons d’rouge.

Sur les heures égrainées aux rictus faux-semblants,
La nuit épaissie de leur confiance, ils se lèvent et se quittent.
Confusion de rituels et de remerciements.
Sa porte légère se ferme sur ses sentiments.

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