Le lien

Toile fine aux fils d’or et d’azur fins,
Tout ce qui m’existe ne tient qu’à un lien.
Fragile, subtile, doux mais solide,
Subsiste, loin de toi, loin de moi, dans les vides.

Aux sillons des absences déchirant les cœurs,
Un jet de graines d’espoirs, il passe, le semeur.
En chacun de nos vides pousse une lumière,
Cherche le trésor, la promesse d’ailleurs.

Apparences masquées, postures de façade,
Que cesse l’infâme mascarade !
L’apparence d’absence demeure notre lien,
Aucun manque ne saurait devenir le destin.

Qui peut rompre ce qui ne se voit pas ?
Séparer ce vide qui ne se tait pas.
Voici le lien invisible, de lointain, de tendresse,
Devant nos yeux, aux vies humides, se dresse.

Une main me retient, ici, d’ailleurs et de là-bas.
De là, où nous ne reviendrons pas.
Toile fine aux fils d’or et d’azur fins,
Tout ce qui m’existe ne tient qu’à ce lien.

LORAN