Éloge à un coude

Toi
Caché,
Dissimulé,
Si souvent en journée.

Toi qui intéresses si peu de monde
Tellement négligé,
Abandonné,
Esseulé

C’est à toi que j’exprime ces mots
Joli coude.

Toi,
A qui l’on souhaite une existence sans importance
Toi le généreux qui tend,
Bras et mains, vers tous les abîmés.

Toi,
Dont on oublie trop souvent la présence.
C’est bien toi,
Joli coude que je veux voir,
Contempler et aimer.

Des heures durant,
Risquer le ridicule,
Forcément.

Celui de t’observer,
Sage et inspiré.
Enfin apaisé.

Seul,
Avec toi,
Un court instant,
Tendrement.

Trop vite passe le temps.
Je me suis trompé,
J’ai glissé.
Je me voyais si fort et pouvoir résister.

Du coude,
J’ai tout oublié.
En un tour de main,
je pris le bras, la taille et le corps tout entier.

LORAN